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Midis du GFII – 5e invité – Bernard Benhamou, Délégué aux usages de l’Internet

Synthèse de la rencontre du 3 mars 2011

Les Cinquièmes Midis du GFII ont accueilli, le 3 mars 2011, Bernard Benhamou, Délégué aux usages de l’Internet. Rémi Bilbault, Président du GFII, a accueilli Bernard Benhamou, en énumérant les différentes étapes de son riche parcours.

 

Bernard Benhamou a rappelé en introduction la mission de la Délégation aux usages de l’internet. Cette délégation a pour but d’accompagner les mutations de l’internet, aussi bien auprès du grand public que de l’écosystème industriel (constructeurs, acteurs qui fournissent des services et qui accompagnent les usagers). Depuis 3 ans, le développement des technologies et des usages prend sa source auprès des usagers grand public. Ces usages s’imposent ensuite, y compris dans le monde BtoB : réseaux sociaux, usages mobiles…

Il y a plus de dix ans que Bill Gates a présenté la première tablette PC. Il a fallu un usage simplifié et des technologies plus maîtrisées pour que le marché émerge : c’est l’expérience utilisateur qui crée la valeur. La qualité du service et des informations est cruciale : elle garantit la pérennité, mais s’il n’y a pas  cette capacité à générer une expérience utilisateur, simple, agréable, utile, le marché ne se développe pas.

On s’est trompé sur le rôle des deux univers : l’univers qui crée et l’univers qui diffuse. Ces deux univers reposent sur des cultures différentes : une culture d’ingénieurs et une culture de créatifs. Il y a un rééquilibrage actuellement. Il faut étudier comment garantir le respect d’un équilibre entre les deux  univers et faire que les contenus ne deviennent pas une variable d’ajustement du monde industriel. Il y a une vraie négociation à laquelle la puissance publique participera, en tant que régulateur, pour que la création (musique, cinéma, presse, édition…) ne se réduise pas au fur et à mesure du développement des diffuseurs (Apple, Google…). Les rares rapprochements entre ces deux univers ont toujours été des échecs (AOL, Vivendi …).

Lorsque l’on réalise l’architecture d’organisation du contenu, quand on créé des métadonnées, on a une vision quasiment politique des contenus. Les diffuseurs n’ont pas la même vision des contenus : les contenus très vendus sont hypervalorisés par les diffuseurs au détriment de la long tail. Les diffuseurs ont un rendement très fort sur un nombre réduit de titres. Ainsi, le patron fondateur d'Amazon Jeff Bezos soulignait ainsi que Stieg Larsson, auteur de la série Millenium, avait dépassé le seuil d'un million  de livres numériques vendus, alors que le best seller sur l’Apple Store est Angry Birds.

Les créateurs français doivent être présents sur le réseau et les acteurs ne doivent pas être handicapés dans leur développement numérique. La mission Toubon sur la fiscalité s’inscrit dans cette politique volontariste.

La France dispose de nombreux atouts.

Les informations publiques

Avec la création de la structure  interministérielle Etalab, l’Etat modifie la perception de son patrimoine immatériel et informationnel. L’information publique n’est plus considérée comme une ressource patrimoniale et valorisable d’un point de vue budgétaire (rapport Levy-Jouyet), mais comme un élément d’une politique industrielle. 

Après avoir survalorisé nos infrastructures (constructeurs, opérateurs de télécommunication), il nous faut maintenant travailler au développement de nouveaux contenus et de nouveaux services. Les informations publiques ne doivent plus être un moyen de combler le déficit budgétaire de la France mais doivent être considérées un outil de politique industrielle.

Dès 1998 à l’ENA, Bernard Benhamou insistait sur le fait qu’à l’avenir  l’administration serait jugée sur ses services en ligne et non plus seulement sur les guichets.

 

Créer un nouvel écosystème

Les services aujourd’hui aspirent la valeur : l’Europe doit se positionner. Il nous faut créer un marché unique tant fiscalement, industriellement, culturellement pour faire émerger des services européens, notamment sur mobile.

Concernant le marché des mobiles, la France et l’Europe sont très bien placées mondialement. La France représente le 2ème marché mondial de l’iPhone. Le marché européen compte entre 630-700 millions abonnement GSM et 300-350 millions d’abonnements 3G.

Concernant les contenus, la France dispose de très nombreuses données culturelles, géographiques, patrimoniales et environnementales, qui sont les plus demandées au monde. Tous ces contenus sont hautement valorisables. Le programme Proxima  a été crée pour favoriser l’émergence de nouveaux services mobiles. Le service du musée du Louvre a atteint par exemple 3,5 millions de téléchargement, dont la moitié provient des Etats-Unis.

La France dispose du marché, des contenus et  des « cerveaux », qui sont actuellement recrutés par les compagnies californiennes. Il faut mener des politiques attractives afin qu’ils restent désormais en France. Une revalorisation de ces métiers par le politique est nécessaire : ils constituent aujourd’hui non seulement des enjeux en termes économiques, mais également en termes géopolitiques.

Pour réussir, nous devons  aussi faire en sorte que nos champions Internet deviennent des ETI (entreprises de taille intermédiaires), pour avoir une empreinte internationale.

Les entreprises telles qu’IBM ou Microsoft avaient des développements verticaux. Aujourd’hui Google se développe dans le smart green, le tourisme, les transports, les médias.

L’écosystème n’a pas fini d’évoluer. Il y a encore de nombreux défis liés à l’internet des objets, à la publicité géo localisée, au web sémantique, à l’open Hardware (cf. l’article « Print me a Stradivarius », dans The Economisthttp://www.economist.com/node/18114327 ). Tous les secteurs industriels sont en train d’être transformés : nous ne pouvons pas avoir la même position industrielle.

Parmi les façons de réagir, l’Europe développera également des politiques antitrust.

L’industrie du contenu ne peut aujourd’hui travailler seule. Aujourd’hui les technologies impactent le cœur de métier de cette industrie. Les acteurs de métiers différents doivent se coaliser pour créer cette synergie.

De nombreux échanges ont eu lieu ensuite avec les participants autour de la brevetabilité des logiciels, des logiciels open source, du programme Proxima mobile, du Conseil National du Numérique…

 

Les vidéos de cette rencontre :

1-      La Délégation aux usages de l’internet
Midis du GFII - Bernard Benhamou : délégation... par gfii

2-      L’expérience utilisateur crée la valeur
Midis du GFII - Bernard Benhamou : l'expérience... par gfii

3-      L’univers qui crée et l’univers qui diffuse
Midis du GFII - Bernard Benhamou : l'univers qui... par gfii

4-      Les données publiques

 
Midis du GFII - Bernard Benhamou : Données... par gfii

5-      Créer l’Europe des services mobiles
Midis du GFII - Bernard Benhamou : créer... par gfii

6-      L’industrie du contenu en France
Midis du GFII - Bernard Benhamou : l'industrie... par gfii

7- Proxima


Midis du GFII - Bernard Benhamou : Proxima par gfii