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Midis du GFII – 4e invité – Raymond Bérard, Directeur de l’ABES

Les quatrièmes Midis du GFII ont accueilli, le 12 janvier 2011, Raymond Bérard, Directeur de l’ABES.

L’ABES, Agence bibliographique de l’enseignement supérieur,  a été créée en 1994, à Montpellier. C’est un établissement public à caractère administratif, placé sous la tutelle du Ministère chargé de l’enseignement supérieur. L’effectif de l’ABES a été récemment renforcé suite à la réorganisation de l’Etat : 70 personnes composent l’équipe, principalement des personnels de bibliothèques et des informaticiens.  L’agence gère un budget de plus de 21,5 millions d’euros.

Au départ, l’ABES a été créée pour mettre en œuvre le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l’enseignement supérieur. A partir de 2002, l’agence a diversifié son action dans plusieurs domaines :

L’expérience du portail Sudoc a tourné court. L’objectif était de créer un portail documentaire pour fédérer tous les types  de ressources pour tous les publics universitaires. Le portail a fermé en 2008, devant le constat que la logique d’un portail ne se conçoit que dans le cadre d’une communauté bien identifiée (disciplinaire : cf. les portails de l’INIST-CNRS ou de site : cf. les portails d’universités).

 

Avec la révision générale des politiques publiques (RGPP), la refonte du ministère a abouti à la création de la Mission de l’Information Scientifique et Technique et du Réseau Documentaire (MISTRD). Une partie des missions portées par le Ministère a été transférée à l’Abes : la normalisation, la numérisation des catalogues et l’organisation des réseaux. L’Abes n’est plus seulement un opérateur technique, mais situe désormais son intervention au niveau de la maîtrise d’ouvrage.

Le Ministère se concentre sur ses missions régaliennes d’impulsion, de pilotage et d’évaluation.

 

Quel est l’avenir des catalogues ?

Les catalogues ne sont plus le point d’entrée privilégié vers les collections documentaires.  mais demeurent un socle de la culture professionnelle des bibliothécaires. L’accès par le full text s’avère souvent un mythe car il génère du bruit. Les catalogues doivent s’adapter pour exposer leurs données sur le web et être  indexés par les moteurs de recherche.

Le Web des données  (ou Web sémantique) n’est pas une mode, mais constitue une démarche stratégique permettant de lier les bases entre elles. Les bibliothèques sont assises sur des trésors, constitués par des générations de bibliothécaires, qu’il convient de valoriser : les métadonnées  et les référentiels d’autorité (auteur, sujets, personnes morales…) qui ont acquis une importance stratégique pour accéder aux travaux de recherche. C’est ainsi que l’ABES vient de mettre en service une nouvelle application, IdRef, qui permettra à ses partenaires de l’enseignement supérieur de réutiliser ses référentiels dans leurs propres applications.   (Persée, revues.org, Hal…). L’objectif est d’avoir une vue consolidée de toutes les contributions d’un chercheur.

Les acteurs privés pourraient aussi les réutiliser afin de naviguer d’une base à une autre.

Les catalogues sont aussi un enjeu géopolitique : il faut une plate-forme en France afin de garder la maîtrise de l’outil de production du catalogue tout en nouant des partenariats internationaux pour une plus grande visibilité : signatures avec OCLC (WorldCat), avec  Google Scholar.

Certains produits de partenaires  intéressent l’Abes qui ne souhaite pas développer elle-même des produits parallèles /concurrents. .

L’Abes est confrontée à la difficulté de signaler les ressources électroniques, avec un niveau de granularité suffisant. L’Abes a commencé à charger des notices d'e-books (Springer) et engagé des partenariats avec  Persée, Revues.org.. Ces notices sont difficiles à charger ; l’ABES n’a pas encore trouvé de solution satisfaisante à l’automatisation du signalement et de la mise à jour des  bouquets de revues.

Une piste explorée est le recours à une base de connaissance dans le cadre d’un ERMS : lancement d’un appel d’offre et d’un pilote (également pour gérer les groupements de commandes ). Proquest a été retenu. La partie interconnexion Sudoc/ERMS fera partie d’une deuxième phase.

 

Les thèses françaises

Le rapport Salençon avait mis en évidence l’extrême dispersion de l’information sur les  thèses, préjudiciable à leur valorisation  dans le monde économique. Le Ministère a confié en 2009 à l’ABES la mise en œuvre du projet de portail des thèses françaises. L’objectif est de créer une interface pour fédérer l’accès aux thèses françaises validées et à un bouquet d’informations et de services depuis le choix du sujet de thèse jusqu’à la valorisation des travaux : signalement, plein texte, impression à la demande, service de recherche d’emploi… Ce projet est mené en partenariat avec de nombreux partenaires dont  l’association Bernard Grégogy, la CGE, le CINES, le CCSD, l’AMUE, l’ADUM, l’Association Nationale de la Recherche et de la Technologie, la Confédération des jeunes chercheurs, la Guilde des Doctorants, l’ANDES (association nationale des docteurs), le MEDEF…

 

L’ABES a développé l’application nationale STAR qui sert aux professionnels pour signaler les thèses dans le Sudoc et les archiver (sous-traitance du CINES pour l’archivage électronique pérenne des thèses). L’ABES gère depuis janvier 2010 le FCT, fichier central des thèses, qui signale les sujets de thèses de doctorat SHS en cours de préparation. Une nouvelle interface de signalement des sujets de thèses, étendue à toutes les disciplines, sera mise en service en 2011.

L’ABES a travaillé avec l’APIE pour la valorisation économique de ce nouveau service. Une étude a été présentée au comité de pilotage. Le modèle économique est difficile à trouver : une piste identifiée par l’APIE est celle de l’impression à la demande avec l’ANRT. La création d’un service premium paraît en effet difficilement envisageable dans la mesure où l’ABES a reçu pour mission de fournir un service complet aux communautés. 

 

Les groupements de commande

L’ABES travaille en étroite collaboration avec le consortium Couperin  et porte plusieurs groupements de commandes pour les universités et organismes de recherche : c’est l’ABES qui signe le contrat avec l’éditeur au nom des universités et EPST et leur refacture leur contribution .

Ils regroupent jusqu’à 130 partenaires. L’Abes gère actuellement 10 groupements de commandes, pour 18 millions d’euros (Elsevier, Cairn, Proquest, Jurisclasseur, Lamyline…).

L’éditeur n’émet qu’une seule facture.

 

Les licences nationales

Le Ministère a mis en place un dispositif de pilotage national avec un comité de pilotage et un comité technique auquel participent notamment l’Abes, l’INIST-CNRS et la Bnf.

Un travail est en cours pour élaborer une licence type avec un conseil en PI. Dans le cadre du grand emprunt, l’Abes a participé à l’élaboration d’un projet de plate-forme qui agrègerait des archives d’éditeurs.

 

Projet d’établissement

L’ABES prépare actuellement le prochain projet d’établissement pour 2012-2015 afin de redéfinir son rôle et ses missions dans un paysage de l’IST complexe où interviennent de nombreux acteurs. De nombreuses consultations sont en cours. Le projet sera voté en novembre 2011.

Quelques axes de réflexion commencent à émerger : l’ouverture des catalogues, le recours aux technologies du web sémantique, le signalement et l’achat de ressources numériques,  une solution mutualisée de  SIGB..

 

Questions/ réponses

La mutualisation des ressources à l’heure de l’autonomie des universités

Les outils sont créés et proposés par l’ABES, mais aucun établissement n’a obligation de les acquérir : la légitimité vient de l’adhésion des établissements du fait de la qualité des outils fournis. Avec la RGPP et la LRU, le poids des établissements se renforce. Il y a un travail d’ajustement et de rééquilibrage : la gouvernance de l’ABES  va évoluer.

La présence des chercheurs est également importante pour alimenter la réflexion.

 

Le grand emprunt

De multiples projets ont été discutés. L’Abes participe à un projet Idex : achat d’archives et plate-forme d’agrégation.

Ce projet, s’il est accepté, viendrait abonder  le budget consacré à l’acquisition de licences nationales.

 

Le financement de l’Abes

Les établissements contribuent à hauteur d’1/3 du budget de l’ABES, principalement pour les licences Sudoc.. L’Abes facture aussi  des frais de gestion aux universités pour les groupements de commandes de ressources numériques.

Calames a été développé sur fonds propre, la maintenance, les évolutions et l’animation du  réseau reposent sur des ressources existantes. Le portail des thèses est financé par le MESR.

 

 

Evolution des formats des SIGB – RDA

Le RDA (Resource Description and acess) est un beau concept, un nouveau code de catalogage qui succèderait à Marc mais RDA pose des questions majeures dans sa mise en œuvre et a des incidences sur les systèmes locaux.

Les formats Marc sont paralysants aujourd’hui et ne permettent pas l’ouverture sur le web mais tous nos outils sont basés sur ce format.

 

Comment les catalogues sont-ils produits ?

Les notices ont de multiples provenances :

-          création par les  catalogueurs ;

-          achats de notices (OCLC, ISSN etc.. ) ;

-          cession à titre gratuit des notices BnF.

Les bibliothèques réclament la possibilité de réutiliser librement ces données, produites par des opérateurs publics, et de pouvoir les échanger entre elles. Elles dénoncent les restrictions imposées par les fournisseurs de notices à l’échange de ces notices.